Comment le cimentier Lafarge a demandé et obtenu le démantèlement du droit du travail en Grèce

Comment le cimentier Lafarge a demandé et obtenu le démantèlement du droit du travail en Grèce

par Benoit Drevet, Leila Minano, Nikolas Leontopoulos

Dans l’opinion publique grecque, c’est un fait acquis : le droit du travail a été démantelé sous la pression des lobbies. Mais jusqu’ici, les preuves manquaient pour étayer cette affirmation. Un mail confidentiel de novembre 2011 montre comment le cimentier français Lafarge, déjà mêlé à plusieurs scandales, a participé avec un certain succès à l’entreprise visant à influencer la réforme historique du code du travail, alors menée par le gouvernement d’Athènes.

Le plus souvent, le monde des affaires se montre impénétrable. Mais avec le temps certains secrets finissent par s’éventer. Le cimentier français Lafarge – désormais allié au Suisse Holcim – peut en témoigner. La fuite d’un e-mail confidentiel obtenu par le quotidien grec Efimerida ton Syntakton – partenaire du collectif de journalistes Investigate Europe – montre comment il y a six ans le leader mondial du ciment, profitant de la crise grecque, a fait pression pour obtenir d’Athènes une dérégulation du droit du travail, au-delà de ce que les réformes engagées prévoyaient déjà.

Dans cette correspondance privée remontant au début du mois de novembre 2011, Pierre Deleplanque, alors directeur général du cimentier grec Héraclès General Cement Company, filiale détenue à 100 % par Lafarge-Holcim, interfère auprès de l’homme fort du FMI en Grèce, le Néerlandais Bob Traa. Deux économistes grecs du Fonds monétaire international sont en copie du mail : Georgios Gatopoulos et Marialena Athanasopoulou.

Sur un ton des plus chaleureux, le Français écrit à son « cher Bob », suite à leur rencontre « utile, édifiante et opportune » dans le bureau du patron du Fond monétaire international (FMI) le lundi précédent. Ce jour là, le lundi 31 octobre 2011, le premier ministre George Papandréou annonce un référendum (qui sera finalement annulé). « Espérons que la situation restera sous contrôle, s’autorise le dirigeant d’entreprise, et que le peuple grec décidera de rester dans l’euro et de retourner sur la voie des réformes ».

Lafarge transmet ses propres propositions de réformes

Mais Lafarge a un autre objectif en ligne de mire : la réforme du droit du travail, qui ne va pas assez loin pour le cimentier. L’émissaire de Lafarge minimise la portée des réformes structurelles entreprises par le gouvernement sous la pression de la Troïka – les experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du FMI chargés d’auditer les finances publiques dans le cadre de l’accord de refinancement de la Grèce négocié en 2010. D’après lui, celles-ci n’ont « malheureusement (…) pas démontré leur efficacité (…), soit en raison de l’inadéquation des mesures, soit des lacunes constatées dans leur mise en œuvre ».

Il faut dire qu’Héraclès, « l’un des plus grands groupes industriels en Grèce », a subi « cinq trimestres consécutifs de pertes nettes ». Des résultats désastreux dus, se plaint le dirigeant de Lafarge, à « la baisse de 65% de la demande de ciment en Grèce, à la chute des exportations et l’incapacité du gouvernement à payer les entrepreneurs pour le travail accompli ». Ce qui aurait entraîné l’apparition de « créances douteuses » à hauteur de « 65 millions d’euros » pour sa seule filiale. Le patron propose donc de renverser la vapeur.

« Comme promis », il joint à son e-mail « un document informel résumant la proposition de Lafarge pour des réformes structurelles plus ciblées ». Avec, en ligne de mire, le démantèlement d’une part cruciale des acquis sociaux des travailleurs grecs jugés peu productifs et trop chers : « Un employé produit 2,6 tonnes, contre 5,3 tonnes par employé en Espagne (…) le coût moyen par employé est de 67 000 euros contre 49 000 euros au Royaume-Uni ». Des suggestions qui vont en partie, hasard ou non, se retrouver dans la future réforme du travail, votée quelques mois plus tard.

La première proposition du cimentier : « La généralisation de groupes d’arbitrage indépendants composés d’hommes d’affaires respectés et de professionnels sans affiliation politique » en lieu et place de l’Organisation de médiation et d’arbitrage grec (OMED). L’organisme national, qui intervient lors des litiges autour des négociations de conventions entre employeurs et salariés est coupable, d’après lui, d’outrepasser ses fonctions et de « maintenir en vigueur des conventions collectives antérieures » à « l’esprit de la loi » 3899, votée onze mois plus tôt, en décembre 2010. Une loi à laquelle il semble tenir puisque celle-ci vise à « mieux équilibrer le pouvoir employeurs-employés dans la négociation » au sein de l’entreprise et qui, par dessus tout, limite les compétences de l’OMED « aux discussions sur le salaire minimum ».

Faciliter les licenciement, abolir les conventions collectives

Licencier plus facilement, c’est le deuxième desiderata de Lafarge. Le cimentier trouve les licenciements « trop spécifiquement et trop strictement définis » par la loi (sic). Résultat, il s’insurge de voir « les licenciements facilement contestés devant les tribunaux ». La loi de décembre 2010 avait pourtant déjà mis un coup de canif aux limitations en faisant passer « le seuil de licenciement de 2% à 5% de l’effectif », avec « un maximum de 30 mises à pied par mois » pour les entreprises de plus de 150 employés. Là encore, il juge cette disposition insuffisante pour les grands groupes. Il ouvre donc une nouvelle piste de réflexion – assez obscure il faut le dire : « Permettre aux entreprises d’absorber les cotisations sociales des employés proches de la retraite, sans aucun critère restrictif ». Pour convaincre son interlocuteur, il fait miroiter des « gains multiples pour l’État (…), pour l’employé et pour l’entreprise ».

Troisième mesure réclamée par Lafarge, l’abolition des conventions collectives sectorielles afin de donner davantage de « souplesse aux renégociations potentielles des conventions d’entreprise ». Le géant du ciment est dans les petits papiers du patron du FMI en Grèce. Il a la ferme intention d’en profiter pour forcer le gouvernement hellène à aller plus loin que la limitation des procédures de négociations collectives décrétée le 21 octobre 2011, soit une dizaine de jours avant ce mail. Pierre Deleplanque, s’il était roi, préférerait que chaque société dispose de sa propre convention d’entreprise.

Après le FMI, la BCE

Enfin, les entreprises ne se porteraient-elles pas mieux si elles avaient le pouvoir unilatéral de procéder à des licenciements collectifs ? Un point qui tient particulièrement à cœur au cimentier qui s’apprête – mais ça, il ne le précise pas – à mettre dehors les 236 salariés de son usine de Chalcis. Jusque là en Grèce, quand une entreprise souhaite procéder à un licenciement collectif, elle a besoin de l’aval du ministère du Travail. Trop contraignant pour Pierre Deleplanque, qui propose de « simplifier la procédure » en se passant de l’approbation de l’administration. Pour donner le change, il associerait l’OMED, comme garant de ce nouveau procédé. Mais seulement à une condition : « Le renouveau » de l’organisme national d’arbitrage et de médiation, tel qu’il l’a mentionné quelques lignes plus haut. Bref, à condition de soumettre l’OMED au milieu des affaires.

Enfin, Pierre Deleplanque se sert aussi de cette correspondance privée avec Bob Traa pour demander au Néerlandais de lui « renvoyer » les noms « des personnes de la Commission européenne à Bruxelles en charge du programme de la réforme structurelle grecque ». « Nous avons peut-être mal orthographié leurs noms », précise-t-il. Sur la base de coordonnées transmises par le fonctionnaire du FMI, Deleplanque va donc poursuivre son travail de lobbying auprès des membres de la Commission européenne, l’autre bras armé de la Troïka. Selon toute vraisemblance, la stratégie s’avère payante.

La plupart des mesures dans la loi

Au cours de l’année 2012, les rêves de Deleplanque vont devenir réalité. Trois lois (4024/12, 4046/12, 4093/2012) sont promulguées dans le cadre du deuxième plan de « sauvetage » de la Grèce. Celles-ci reprennent la majorité des propositions de Lafarge. L’Institut syndical européen (European Trade Union Institute, ETUI) les résume ainsi : « les résultats de ces réformes “structurelles” ont été la fragmentation et la déstabilisation du système de la négociation collective, la baisse drastique des salaires nominaux (“le salaire minimum national a été abaissé en 2012, passant de 751euros brut par mois à 586 euros”) et la réduction des ressources (cotisations) pour le système de la sécurité sociale ». Quant au système d’arbitrage chapeauté par l’OMED, il a été neutralisé.

Parmi les quatre propositions de l’industriel, seule celle visant à une déréglementation totale des licenciements collectifs n’a pas été retenue dans le mémorandum de février 2012, engageant un deuxième plan d’aide à 130 milliards d’euros en échange de ces fameuses « réformes structurelles ». Mais la Troïka ne désespère pas, six ans après les « conseils » de Pierre Deleplanque, de remettre cette mesure au goût du jour (voir encadré). Quoi qu’il en soit, les effets des lois de 2012 se font aujourd’hui sentir dans tout le pays.

Lafarge, un « donneur d’ordre » parmi d’autres

Cette réforme a été « d’une violence sans précédent, se souvient Alexis Mitropoulos, avocat et professeur de droit du travail réputé à l’université d’Athènes. Les changements demandés par Lafarge ont conduit à une multiplication des formes atypiques de travail et à une plus grande flexibilité : l’explosion du travail à temps partiel, à durée déterminée et même les temps plein bon marché ». Résultat, souligne cet ancien député Syriza, premier vice-président du parlement jusqu’en 2015 qui a rendu son tablier quand Tsipras a changé de cap, « beaucoup de familles sont passées au-dessous du niveau de pauvreté. Ces changements ont amplifié la crise humanitaire ».

Toutefois, à la décharge de la multinationale, Lafarge n’a pas été le seul groupe à tirer profit du marasme économique. L’influence du secteur privé a irrigué l’ensemble des mesures d’austérité qui ont étranglé les grecs dès 2010. Et c’est le FMI lui même qui le constate de manière « frappante », dit-il, dans un mémorandum confidentiel publié en 2014 par nos confrères du Wall Street Journal et d’El País.

Dans ce document secret, le board du Fond confie que « le secteur privé est pleinement à l’origine du programme considéré comme l’outil permettant de mettre fin à plusieurs privilèges dans le secteur public ». Avec la publication de cet e-mail, Lafarge n’a donc fait que rejoindre la longue liste de ces entreprises et de ces hommes de l’ombre écoutés par la Troïka, qui ont influé sur les décisions politiques du pays. La presse grecque les a baptisé les « Whisperers » (chuchoteurs).

Benoit Drevet et Nikolas Leontopoulos, avec Leïla Miñano, pour Investigate Europe.

Photo : tim goode

NB : Sollicité à plusieurs reprises par Bastamag, Lafarge Holcim n’a pas souhaité donner suite à nos demandes d’interview. Pierre Deleplanque semble, quant à lui, couler des jours heureux après avoir été promu, en octobre 2015, directeur régional de Lafarge Holcim pour les marchés européens émergents.

https://www.bastamag.net/Comment-le-cimentier-Lafarge-a-demande-et-obtenu-le-demantelement-du-droit-du


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Les nouvelles et mouvements en nov déc 2021

25 novembre 202125 novembre 2021
17/11/21 Des marches massives et palpitantes… avec les exigences actuelles du soulèvement de 73 : Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de dizaines de villes aujourd'hui, honorant le soulèvement de l'École polytechnique il y a 48 ans, mais montrant d'autre part à quel point ces demandes sont pertinentes aujourd'hui, avec la société et les personnes confrontées à la nouvelle barbarie sous le prétexte de la pandémie.  Antifasciste-anti-impérialiste-anti-étatique-anti-capitaliste, constantes ont été les caractéristiques des mobilisations de cette année pour l'École polytechnique, comme en témoignent les blocs, banderoles et slogans de la multitude d'organisations, collectifs et mouvements qui y ont participé. L'opposition à la répression d'État, la restriction des libertés et des droits, l'état d'urgence, les accords du gouvernement sur les plans impérialistes, les politiques réactionnaires du gouvernement contre la société dans son ensemble, la classe moyenne ouvrière, l'appauvrissement étaient particulièrement importants.

Les nouvelles et mouvements en mai-juin 2021

10 mai 202110 mai 2021
10/6/21 La grève générale contre la loi sur le travail paralysera la Grèce le 10 juin : La grève générale de 24 heures lancée par les syndicats fédérateurs des secteurs public et privé ADEDY et GSEE devrait paralyser la Grèce le 10 juin 2021. La grève entraînera des perturbations dans le transport des personnes et des marchandises. Les ferries et les navires seront à quai dans les ports et les trains de Trainose et Proastiakos seront dans leurs dépôts pendant 24 heures. Le métro, le tramway, le train urbain ISAP et les trolleybus ne fonctionneront pas non plus pendant toute la journée. Seuls les bus seront en service de 9 heures à 21 heures. Des manifestations de protestation sont prévues dans le centre d'Athènes et dans d'autres villes jeudi matin. Le syndicat des journalistes s'est également joint à la grève. Les travailleurs des secteurs privé et public s'opposent à la nouvelle loi sur le travail qui rend légal le travail de 10 heures par jour et les heures supplémentaires non rémunérées en échange d'un jour de congé. Défendant la loi avec des arguments étrangers au marché du travail actuel, le ministre du travail Costis Hatzidakis a affirmé que les travailleurs peuvent prendre un jour de congé le vendredi.  Source https://www.keeptalkinggreece.com/2021/06/09/general-strike-against-labor-law-to-paralyze-greece-on-june-10/ Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite) 6/5/21 Les ferries et les navires resteront amarrés à travers les ports du pays demain 6 mai, dans le cadre d’une grève de 24 heures appelée à l’occasion de la fête du Travail, a annoncé la Fédération panhellénique des marins (PNO).
 

Les nouvelles et mouvements février 2021

10 février 202110 février 2021

25/2/2 : Thessalonique : nouvelle manifestation (beaucoup plus de 100 ! ) des  étudiants : Le gouvernement #Mitsotakis (et avec lui tout le Parti Populaire Européen orbanisé) a subi une défaite de taille hier à #Théssalonique. Alors qu'il a tenté d'interdire toute manif au-délà des 100 personnes et qu'il essaye de criminaliser toute idéologie de #gauche, il se trouve en face d'un mouvement étudiant robuste. Répondant à la #torture d' #étudiants qui a eu lieu avant-hier dans l'Université, les étudiants ont marché jusqu'aux tribunaux et ils ont obtenu la libération des leurs camarades détenus. Ensuite, en traversant la ville en cortège, ils sont revenus à leur #Université pour la défendre victorieusement d'une nouvelle invasion policière. https://www.facebook.com/initiative.solidarite/

25/2/21    Facebook et Twitter dans le rôle de Goebbels  : Ces dernières heures et ces derniers jours, tant les journalistes que les simples citoyens en Grèce protestent en accusant Facebook et  Twitter de censurer leurs textes avec lesquels ils revendiquent l'application de la loi dans le cas du gréviste de la faim Dimitris Koufontinas. Le gouvernement grec (et très probablement le proconsul américain en Grèce, ex-Ambassadeur à Kiev Pyatt) pousse Koufontinas à la mort, en n'appliquant pas la loi qu'ils ont votée. Un mouvement de protestation se développe actuellement en Grèce. http://www.defenddemocracy.press/facebook-and-twitter-in-goebbels-role/

6/2/21  : "Ensemble dans le combat, ensemble dans la défense": Rassemblement pour le droit de se mobiliser:   Des centaines de membres de syndicats et de collectifs de la gauche extra-parlementaire  se sont mobilisés à Athènes, Thessalonique, Patras, Héraklion, LaCanée et ailleurs contre la loi interdisant les manifestations, contre les amendes, les poursuites, la répression ...."Nous condamnons l'exploitation de la pandémie comme prétexte pour attaquer les droits des travailleurs et démocratiques", ont-ils déclaré dans un communiqué.

Les nouvelles et mouvements décembre 2020

13 décembre 202013 décembre 2020

10/10/20 Le chef de l'OTAN exhorte l'UE à adopter une "approche positive" à l'égard de la Turquie :  Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a exhorté les dirigeants de l'Union européenne à adopter une "approche positive" à l'égard de la Turquie. L'UE doit réaliser  l'importance de la Turquie en tant que membre de l'OTAN,de la famille occidentale", a déclaré Stoltenberg, selon l'agence de presse publique turque Anadolu. Reconnaissant l'existence de différences et de désaccords entre les alliés, Jens Stoltenberg aurait déclaré : "Mais en même temps, l'UE doit réaliser l'importance de la Turquie  en tant que membre de l'OTAN et aussi de la famille occidentale." "L'OTAN est une plateforme où nous pouvons discuter ouvertement lorsqu'il y a des différences, des désaccords entre les alliés comme nous le voyons, par exemple, en Méditerranée orientale", a-t-il déclaré. "En même temps, je pense que nous devons tous chercher des approches positives, des moyens d'aborder les différences", a-t-il ajouté. Ajoutant que la tension en Méditerranée orientale - à l'ordre du jour du sommet de l'UE - a également été discutée lors d'une réunion des ministres de la défense de l'OTAN la semaine dernière, M. Stoltenberg a déclaré aux journalistes : "Bien sûr, les alliés ont exprimé leurs préoccupations. Dans le même temps, je pense que tous les alliés se rendent compte que la Turquie est un allié important, car elle a une frontière commune avec l'Irak et la Syrie". Il a déclaré que la Turquie a joué un rôle clé dans la lutte contre le groupe terroriste Daesh/ISIS en Irak et en Syrie, et qu'elle accueille le plus grand nombre de réfugiés au monde tout en étant le membre de l'OTAN qui a subi le plus d'attaques terroristes. Il a également déclaré qu'il travaille au renforcement et à l'extension d'un mécanisme de désescalade entre la Grèce et la Turquie afin de prévenir tout incident ou accident entre deux alliés de l'OTAN. Au milieu des tensions récentes dans la région, la Grèce et l'administration chypriote grecque ont augmenté leur pression sur les autres membres de l'UE pour qu'ils imposent des sanctions à la Turquie lors du sommet des dirigeants européens jeudi et vendredi. [anadolu]

9/10/20 Les journalistes grecs en grève générale, le pays privé de bulletin d'information : Aucun bulletin d'information télévisuel n'a été diffusé jeudi pour la deuxième journée consécutive en Grèce pour cause de grève des journalistes réclamant "le retrait" d'un projet de loi visant, selon les syndicats, à réduire les postes d'emploi dans les chaînes.  Source: AFP

Une première grève de 24 heures avait été lancée mardi soir, reconduite mercredi pour la même durée, soit jusqu'à jeudi soir, selon la fédération panhellénique des unions des rédacteurs (Poesy). La télévision publique ERT et l'Agence de presse grecque, Ana, participent au mouvement.

10/120/20 Le personnel hospitalier grec demande un recrutement massif en raison de la pandémie : Les travailleurs des hôpitaux publics grecs se sont mobilisés jeudi pour exiger plus de personnel et plus de mesures contre la pandémie.

La manifestation s'est déroulée sur fond de décès de dix travailleurs de la santé victimes du Covid-19 dans les hôpitaux du pays, neuf autres étant actuellement intubés dans des unités de soins intensifs. Dans le même temps, ils dénoncent que des milliers de personnes ont été infectées par le virus et que des centaines ont été hospitalisées dans des cliniques spécialisées dans les coronavirus. Les membres de la Fédération panhellénique des employés des hôpitaux publics se sont réunis aux portes des principaux hôpitaux d'Athènes et d'autres villes grecques. Vidéo : Des manifestants à l'hôpital Evangelismos d'Athènes demandant entre autres une embauche massive et une augmentation des salaires. Les mobilisations dans les hôpitaux ont également été soutenues par la Fédération des associations de médecins hospitaliers de Grèce (OENGE). A noter que le gouvernement a invité les médecins privés à se joindre à la lutte contre la pandémie dans les hôpitaux publics avec des salaires plus élevés que le personnel permanent. Cependant, ces médecins doivent travailler avec des contrats temporaires d'environ 6 mois ou aussi longtemps que la pandémie continuera à mettre sous pression le système de santé du pays.
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Les nouvelles ou mouvements en novembre 2020

7 novembre 20207 novembre 2020

6/11/20 Revue de la presse hellénique : la presse (Skaï, Mega Channel, Ta Nea, Kathimerini, Avghi, Journal des Rédacteurs) relève que suite à l'annonce du deuxième confinement, le gouvernement a fait l'objet de vives critiques de la part des partis de l'opposition quant à la gestion de la deuxième vague de la pandémie. SYRIZA et KINAL reprochent au gouvernement d'avoir fait preuve d'«inertie» et de «relâche» notamment en ce qui concerne le renforcement du système national de santé et des transports publics, et d'avoir ouvert le tourisme en juillet dernier sans prendre les mesure nécessaires. Dans le même esprit le KKE reproche au gouvernement de «ne pas avoir pris les mesures nécessaires à temps opportun, laissant la population et le pays sans protection face à la deuxième vague de la pandémie». MeRA25 accuse le gouvernement de «saper la santé publique», tandis que la Solution grecque souligne que le deuxième confinement «tuera l'économie». Le ministre de la santé, M. Kikilias, a déposé hier un amendement au Parlement prévoyant,entre autre, le recrutement immédiat de 300 médecins aux soins intensifs, ainsi que laprolongation jusqu'au 28/02/2021 de la mesure prévoyant la réquisition, en cas de besoin, des hôpitaux privés pour faire face aux besoins liés au Covid-19. Il prévoit en outre la possibilité pour les médecins du secteur public qui partent à la retraite le 31/12/2020 de prolonger, s'ils le souhaitent, leur contrat de travail jusqu'au 31/06/2021 (ERT, Skaï, ethnos.gr, kathimerini.gr,tanea.gr).

Au cours d'une interview ce matin à la chaîne Antenna TV, le porte-parole du gouvernement,M. Petsas, n'a pas exclu l’éventualité d'une prolongation du confinement si le nombre de nouveaux cas ne baisse pas au-dessous des 300 - 400 par jour.

6/11/20 Le procès pour la mort de Zak est reporté indéfiniment en raison de la pandémie IOANNA MANDROU

Le procès concernant la mort du militant LGBTQI de 33 ans Zak Kostopoulos en septembre 2018 dans le centre d'Athènes a été reporté indéfiniment car le tribunal a décidé que la salle où se tient le procès ne répondait pas aux mesures de sécurité requises dans le cadre de la pandémie. Le procès a débuté le 21 octobre, mais il n'a pas beaucoup progressé. Aucune nouvelle date n'a été annoncée. Six personnes - deux propriétaires de magasins et quatre policiers - sont accusées d'avoir causé des lésions corporelles mortelles. Kostopoulos a été tué après être entré dans une bijouterie du centre-ville d'Athènes et a été attaqué par le propriétaire du magasin et un autre homme qui l'aurait pris pour un voleur. Quatre policiers qui sont arrivés sur les lieux ont été montrés dans une vidéo le frappant alors qu'il était à terre. Le gouvernement a par la suite annoncé que tous les tribunaux suspendraient leurs activités pendant la durée du confinement. 6/11/20 Un groupe de mineurs non accompagnés réfugiés s'envole pour la France : Un groupe de 54 mineurs réfugiés non accompagnés s'est envolé d'Athènes vers la France jeudi matin dans le cadre du programme de réinstallation de l'Union européenne. La France s'est engagée à accueillir un total de 350 réfugiés mineurs non accompagnés et leurs familles en provenance de Grèce. Source ps://www.ekathimerini.com/258857/article/ekathimerini/news/group-of-unaccompanied-refugee-minors-flies-to-france

Les nouvelles ou mouvements en octobre 2020

3 octobre 20203 octobre 2020
26/10/20 Le fugitif Aube dorée, toujours en fuite, a déposé un dossier officiel pour faire appel   Christos Pappas, le numéro deux de la direction d'Aube dorée qui a échappé à l'arrestation après avoir été condamné à 13 ans de prison pour son rôle dans le groupe néo-nazi, a fait appel du verdict, a déclaré son avocat lundi. "Un appel a été interjeté contre la condamnation et ainsi, avec d'autres appels, la voie est ouverte pour la cour d'appel", a déclaré l'avocat Periklis Stavrianakis au nom de son client. Stavrianakis a déclaré qu'il "ne sait toujours pas" où se cache Pappas. A la question de savoir s'il sait si l'ancien législateur d' Aube dorée a l'intention de se rendre à la police, il a répondu : "Toutes les décisions peuvent être réexaminées, mais jusqu'à présent, je n'ai pas connaissance d'un changement d'intention." Pappas s'est présenté pour la dernière fois au poste de police local de Papagou, dans la banlieue nord d'Athènes, le 1er octobre, comme il était tenu de le faire, mais il n'a pas été revu depuis.Le reste des anciens dirigeants d'Aube dorée ont été conduits en prison la semaine dernière. https://www.ekathimerini.com/258500/article/ekathimerini/news/fugitive-golden-dawn-official-files-for-appeal-while-still-at-large 22/10/20 Le condamné Aube dorée, Pappas, a disparu  pour échapper à son arrestation : La police est à la recherche d'un des leaders condamné d'Aube dorée Christos Pappas, qui a choisi de disparaître pour ne pas se retrouver en prison. C'est quelques heures après la décision du tribunal, jeudi, que des policiers se sont rendus au domicile de Pappas avec un mandat d'arrêt en main. Les forces de l'ordre auraient retrouvé certains membres de sa famille, mais l'ancien député condamné à 13 ans de prison pour "création et gestion d'une organisation criminelle" s'était volatilisé. "C'est le choix conscient de Pappas de ne pas se présenter devant les autorités", a déclaré son avocat Periklis Stavrianakis au journal ethnos. "Mon client a son point de vue : qu'il peut purger une peine, qui ne pourra pas être confirmée par la cour d'appel. Dans ce cas, qui lui rendra les années qu'il a passées en prison ? C'est actuellement son choix conscient de ne pas se présenter devant les autorités. Je ne sais pas ce qui se passera demain ou après-demain et ce qu'il décidera. C'est pourquoi ce que je dis est valable pour le moment", a-t-il souligné. Après que le tribunal ait rejeté les "peines avec sursis" pour 38 des 50 membres d'Aube dorée condamnés, les autorités judiciaires ont préparé les mandats d'arrêt pour ceux qui ne se sont pas rendus et les ont remis à la police grecque. Des sources compétentes ont déclaré à Ethnos que la disparition de Pappas signifie qu'il se cache et est considéré comme "fugitif". Huit heures après l'annonce du tribunal et alors que la plupart des dirigeants de l'organisation criminelle ont été remis à la police, Pappas est toujours "en fuite", même en fin de soirée. Selon le journal efsyn, la police l'a recherché dans cinq endroits différents mais n'a pas encore retrouvé ses traces. Depuis la semaine dernière, lorsque le tribunal a annoncé les peines prononcées à l'encontre des dirigeants et des membres d"Aube dorée, le récit dont la police grecque s'enorgueillissait était que les condamnés étaient sous surveillance et contrôle constants, qu'un "plan opérationnel pour leur arrestation était prêt et qu'il serait mis en œuvre "immédiatement"". De plus, la procureure du procès qui avait recommencé à prononcer des "peines avec sursis" avait affirmé qu'ils n'étaient pas "suspectés de s'être enfuis". Les officiers de police considèrent comme possible que Pappas réapparaisse comme le "dernier" comme il l'a fait en 2013, lorsque les membres d 'Aube dorée ont été arrêtés, a rapporté efsyn. 19/10/20 La procureure propose le maintien en liberté jusqu'à l'appel des condamnés d'Aube dorée : La  procureure générale vient de proposer la suspension des peines jusqu'à ce que les audiences d'appel soient ouvertes pour * tous * les condamnés sauf Roupakias, qui a poignardé Pavlos Fyssas. La  procureure Adamantia Oikonomou a proposé que les peines de toutes les personnes condamnées soient suspendues et que personne, y compris les dirigeants de l'"organisation criminelle", ne purge de peine de prison jusqu'à leur appel. A l'appui de sa proposition, le procureur a fait valoir que le lieu de résidence des condamnés est connu, qu'ils ont respecté les restrictions qui leur ont été imposées, qu'ils n'ont pas tenté de fuir et qu'ils ont un casier judiciaire vierge, à l'exception du dirigeant Nikos Michaloliakos.L'assassin de Fyssas, Giorgos Roupakias, n'est pas légitimé à être suspendu puisqu'il a été condamné à vie, a déclaré la procureure. Suite à la proposition de la procureure, le tribunal a été ajourné pendant 30 minutes afin que les avocats de la défense puissent préparer leurs déclarations.Les avocats des victimes ont accusé la procureure d'être devenue "un avocat d'Aube dorée" et ont rappelé qu'elle avait initialement proposé l'acquittement des dirigeants des accusations d'"organisation criminelle". Comme prévu, la proposition de la  procureure a choqué le public et a déclenché un scandale sur les médias sociaux, de nombreux internautes exigeant son remplacement. D'autres ont exprimé leur plus grand espoir, que la Cour n'acceptera pas les propositions de la procureur. Si les propositions sont acceptées par la Cour, cela signifiera que l'ensemble des dirigeants de la Golden Dawn néo-nazie resteront libres jusqu'au procès en appel, qui pourrait prendre encore quelques années. 1/10/20 Nouvelle manifestation jeudi des élèves : Le ministre grec de l'éducation a menacé de bloquer les étudiants protestataires des classes électroniques obligatoires s'ils continuent à occuper les écoles au prix d'une augmentation du nombre d'"absences" dans leurs dossiers. Elle est allée plus loin et a même dit de marquer leur "comportement" comme "mauvais". Obsédée par le "système éducatif punitif" des années 1950, la ministre conservatrice de l'éducation Niki Kearameos croit et pense apparemment à tort qu'elle est propriétaire de l'enseignement secondaire dans le pays. Dans la bulle d'arrogance dans laquelle elle vit, elle considère qu'il est acquis que chaque élève a un ordinateur à la maison et une connexion Internet. Dans ce sens, elle a rendu l'apprentissage en ligne obligatoire pour les élèves des écoles sous occupation et en plus elle les "punit" avec des "mauvais comportements" et des "absences". Il n'est même pas clair si les mesures géniales du ministre de l'éducation sont conformes aux lois et à la Constitution. Lassée du manque de volonté de la ministre de trouver des solutions pour protéger les étudiants et les enseignants du coronavirus et des menaces et chantages de Kerameos, des milliers d'étudiants sont descendus dans la rue jeudi matin. Ils ont exigé des mesures pour le fonctionnement sûr des écoles en pleine pandémie. Ce qu'ils veulent, c'est moins d'élèves par classe - c'est-à-dire jusqu'à 15 et non pas jusqu'à 25-27 comme c'est le cas actuellement -, le recrutement d'enseignants et de personnel de nettoyage. Les syndicats d'enseignants et les associations de parents d'élèves ont également participé au rassemblement. Peu avant la fin du rassemblement de protestation dans le centre-ville d'Athènes, un groupe d'inconnus a lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les policiers anti-émeutes qui ont répondu par des gaz lacrymogènes. L'utilisation de gaz lacrymogènes sur des lycéens, des infirmières et des médecins semble être la seule façon "créative" que le gouvernement grec juge appropriée pour faire face aux problèmes qui secouent la société grecque en pleine pandémie.Avec uniquement des restrictions et des sanctions, les régimes autoritaires "résolvent" les problèmes... Mais ce n'est pas seulement la faute de Kerameos. C'est le gouvernement qui ne veut pas dépenser pour l'éducation et la santé.

Les nouvelles ou événements mai-juin 2020

7 mai 20207 mai 2020
11/6/20 Gestion chaotique des réfugiés à Lesbos  : Le chaos dans le port de Mytilini se poursuit ces jours-ci, alors que les réfugiés tentent d'obtenir des billets et de monter sur le ferry pour Athènes pour le 7ème jour, avec une police lourde. Depuis vendredi dernier, près de 800 personnes sont parties sur le ferry pour le continent. Il s'agit de réfugiés reconnus à qui l'on a dit de quitter leur "logement" parrainé par l'État. Parmi eux, de nombreuses femmes, hommes et enfants qui vivaient dans le camp de Moria.  En vertu de la nouvelle politique gouvernementale, les réfugiés reconnus ne peuvent plus bénéficier d'un logement et d'un soutien financés par l'État 30 jours après leur décision positive. Au 1er juin, plus de 10 000 réfugiés (y compris dans les îles) risquent de perdre leur logement, de se retrouver sans abri et dans le dénuement. Où ces personnes, dont de nombreuses familles avec enfants, iront-elles à leur arrivée à Athènes ? Où resteront-elles ? Personne ne le sait. La situation n'est pas claire et est chaotique. Après tout ce qu'ils ont vécu - y compris la survie dans le camp de Moria pour beaucoup - d'autres difficultés et incertitudes les attendent... 31/5/20 Des dizaines de demandeurs d'asile, qui risquent de se retrouver sans abri d'ici la fin mai en raison de la fin de l'aide au logement, se sont rassemblés vendredi pour protester devant le bureau du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Athènes. Ils veulent nous jeter dans la rue. Où vont vivre les enfants", a expliqué un migrant syrien lors de la manifestation où des dizaines de personnes portaient des pancartes et des documents de statut de migrant du gouvernement grec. Des dizaines de milliers de réfugiés, qui avaient auparavant obtenu l'asile dans le pays, risquent d'être expulsés des centres d'hébergement où ils séjournent actuellement. Les autorités grecques prévoient de remplacer les réfugiés vivant dans des appartements et des centres de réfugiés financés par l'ONU par les demandeurs d'asile sur les îles de la mer Égée, afin de les décongestionner Les manifestants ont demandé une solution ou des documents de voyage afin de pouvoir se rendre dans d'autres pays de l'UE pour y chercher refuge https://youtu.be/YApReZ6qeSg
30/5/20 Athènes. 500 personnes ont défilé dans le quartier d’Exarcheia contre la répression, en solidarité avec la lutte des réfugiés et avec tous les rebelles, dans les rues de Minneapolis et d’ailleurs ! Des affrontements avec la police ont eu lieu.
18/5/20 : Évacuation de l'occupation de Themistocleous 58 à Exarchia - Athènes (Grèce). Le squat de logement avec des familles réfugiées a été expulsé du centre d'Exarcheia https://www.facebook.com/La-Gr%C3%A8ce-en-r%C3%A9sistance-485903964798525/?hc_location=ufi
15/5/20 Revue de presse hellénique Gazoduc East Med : réuni en séance plénière hier, le Parlement a ratifié à une large majorité l'accord intergouvernemental signé par la Grèce, Chypre, Israël et l'Italie sur la construction du gazoduc East Med. Ont voté en faveur la ND, SYRIZA, KINAL et la Solution grecque tandis que le KKE et MeRA25 ont voté contre.  Le ministre de l'environnement et de l'énergie, M. Hatzidakis, a salué la ratification par le Parlement de cet « accord historique », dans un « climat de large consensus ». SYRIZA a qualifié l'accord de « projet de la plus haute importance nationale », qui est « le résultat des efforts diplomatiques et politiques de tous les gouvernements [successifs] grecs » et qui « renforce les intérêts géopolitiques et énergétiques de la Grèce ». De même, le KINAL a souligne ́ « l'importance géostratégique et énergétique » de cet accord qui « garantit l'approvisionnement énergétique de la Grèce et de l'Europe » (ERT, Skaï TV, in.gr, kathimerini.gr, tovima.gr, cnn.gr, liberal.gr, reporter.gr, Journal des Rédacteurs,,).6/5/20 Projet de loi sur l'environnement : le projet de loi sur l'environnement a été voté hier au Parlement par 158 voix, contre 56. Seuls les députés de la Nouvelle démocratie ont voté en faveur. Le KINAL, le KKE, MeRA25 et la Solution grecque ont voté contre, tandis que SYRIZA a quitté l’hémicycle dénonçant la procédure de vote par correspondance. Il est à noter qu'en raison des conditions spéciales dues au coronavirus 141 députés ont voté par correspondance (Kathimerini, Ta Nea, ERT, Open TV, Skaï, Mega Channel, protothema.gr, in.gr, capital.gr). Ta Nea souligne que les évolutions hier au Parlement symbolisent « la fin officielle du consensus national ». Pour sa part ethnos.gr estime que SYRIZA a voulu ainsi adresser un message au gouvernement de « ne pas penser à adopter les 26 projets de loi programmés pour les deux prochains mois, avec une présence réduite des députés, évoquant la crise du coronavirus »

Les nouvelles et mouvements mars-avril 2020

11 avril 202011 avril 2020
10/4/20 : Les créanciers de la Grèce rejettent "l'extension de la protection juridique de la résidence principale" :  Cette demande  aurait " buté " sur l'opposition des créanciers européens du pays, malgré la situation sans précédent de la pandémie de coronavirus et ses effets dévastateurs sur l'économie. Selon les rapports, les représentants européens ont été négatifs à une demande d'Athènes d'étendre la protection juridique, par laquelle une résidence principale est protégée des créanciers. Le cadre, basé sur la loi 4605 de 2019, a déjà été prolongé de quatre mois et doit expirer le 30 avril. En début de semaine, le ministre du développement et des investissements, Adonis Georgiadis, a déclaré que le gouvernement Mitsotakis demandera une prolongation de la loi, en citant l'impact économique écrasant de la pandémie en cours et son impact écrasant sur l'économie grecque en reprise. Les rapports citent deux "scénarios" sur la table, à savoir une prolongation jusqu'à la fin de l'année, et une autre plus courte, jusqu'à la fin du mois de septembre. Quoi qu'il en soit, une téléconférence de près de cinq heures entre la partie grecque et les représentants des créanciers européens cette semaine n'a permis de trouver aucun compromis. [naftemporiki]  

Les nouvelles et mouvements janvier et fevrier 2020

8 janvier 20208 janvier 2020
27/2/20 Grèce: Plusieurs habitants blessés suite à la violence des policiers (CRS) envoyés d'Athènes pour réprimer la contestation des habitants des îles et les travailleurs en grève. Ils réclament des réelles mesures de protection des immigrants et réfugies, la fermeture des "hot spots" véritables camps d'emprisonnement et la fin de l'accord honteux Grèce-UE-Turquie conclu par le gouvt SYRIZA ainsi que des traités Dublin II et lll, leur libération pour qu'ils puissent circuler au reste de la Grèce et aux pays européens . La réponse du gouvt de la droite ,la répression féroce.
25/2/20 La police anti-émeute s'affronte aux habitants des îles à propos des centres de migration (vidéos) De vastes affrontements ont éclaté pendant la nuit sur les îles de Lesbos et de Chios et se poursuivent mardi, les autorités locales et les habitants essayant d'empêcher l'arrivée de la police anti-émeute, de canons à eau et d'engins d'excavation qui seront utilisés pour construire de nouveaux centres de migration fermés. Les forces sont arrivées par des ferries affrétés par le gouvernement. La police anti-émeute s'est rendue sur les sites de construction avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. La population locale a répondu avec des pierres et parfois aussi avec des cocktail molotov. L'impasse se poursuit mardi sur les deux îles, la police essayant de boucler les zones autour des barrages routiers mis en place ces derniers jours par les protestataires locaux. Dans la nuit de lundi, des centaines de personnes ont afflué dans les ports pour bloquer l'arrivée de la police anti-émeute et des engins de terrassement. Lesbos : Les manifestants ont déployé les camions poubelles de la municipalité pour bloquer le port en fin de journée lundi et ont mis le feu aux poubelles lorsque les forces de police sont arrivées. La zone portuaire s'est transformée en champ de bataille. Les habitants ont affronté la police lorsque les bulldozers ont tenté d'atteindre le site de Karava par Mantamados. Des forces de police fortes et armées contre des centaines d'habitants, dont beaucoup de personnes âgées et de femmes. D'importantes forces de police  sont concentrées de l'autre côté de la route qui mène à Kavaklis, à Diabolorema. La police anti-émeute essaie de donner un sens à son déploiement . Les résidents,  parmi eux le gouverneur de la région de l'Égée du Nord, Costas Moutzouris et le maire de Lesbos Ouest, Taxiarchis Verros ont été "nassés" dans la zone plus large de la région de Kalloni sur le site . "Un jour de honte pour nous tous et surtout pour ceux qui ont ordonné de frapper ceux qui gardent nos îles au bord de la mer Égée", a déclaré M. Moutzouris. "C'est une honte qu'ils soient tabassés et qu'ils souffrent à cause des gaz lacrymogènes. Même la junte n'a pas fait de telles choses", a-t-il ajouté. Chios : Des affrontements ont éclaté dans le port de Mesta aux premières heures du matin mardi, d'importantes forces de police ont débarqué du ferry. La police a tiré des gaz lacrymogènes et des grenades explosives. Au moins trois personnes ont été soignées à l'hôpital pour des difficultés respiratoires causées par l'utilisation massive de gaz lacrymogène. L'une d'entre elles était le maire, une autre était un prêtre. Peu après 5 heures du matin, la police anti-émeute, avec des camions, un véhicule équipé d'un canon à eau et de engins de creusement, a commencé à se rendre dans la zone de Vrodados où le centre de migration doit être installé et où des centaines d'habitants tentent de les arrêter, également avec des barrages routiers. Les affrontements ont continué dans la matinée. Malgré les barrages, un bulldozer s'est introduit sur le site Samos : Les autorités locales et les résidents ont bloqué l'accès au  nouveau centre de migration fermé en construction dans la région de Zervou. Sur décision de la région du nord de la mer Égée, le fonctionnement des services administratifs de Samos et de la ville voisine d'Ikaria a été suspendu, les habitants bloquent les travaux de construction du nouveau site de migration. Les habitants de l'île et les autorités locales accusent le gouvernement d'"autoritarisme" et soutiennent avec véhémence que les migrants et les demandeurs d'asile devraient être déplacés vers la Grèce continentale. "Nous comprenons qu'il y a un problème de confiance qui a été créé au cours des années précédentes", a déclaré le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas à la chaîne publique ERT mardi matin. "Mais les installations fermées seront construites et nous appelons le public à soutenir cela." Il a affirmé que le gouvernement était également contraint d'agir en raison des préoccupations accrues concernant l'épidémie croissante de coronavirus, arguant que des contrôles sanitaires appropriés ne pouvaient pas être effectués dans les camps surpeuplés existants. sources : stonisi, politischios, médias sociaux, autres https://twitter.com/i/status/1232246895269031936 https://www.facebook.com/elpi.molivos/videos/3551409704930677/ https://www.facebook.com/stonisi.gr/videos/625921531553627/ https://youtu.be/1d8ElTD8LEQ https://youtu.be/AbyaEsizN3g https://youtu.be/7WOEvorAAJk Source https://www.keeptalkinggreece.com/2020/02/25/greece-islands-lesvos-chios-police-migration-centers/ 25/2/20 Les habitants de l'île répondent à la violence policière par une grève générale ; procès pour catastrophe écologique : Le  gouvernement de la région de la mer Égée du Nord, la municipalité de Lesbos et le Centre des travailleurs locaux ont appelé à une grève générale le mercredi 26 février 2020. Cette décision intervient au milieu d'affrontements entre les habitants et la police anti-émeute déployée depuis Athènes au sujet des nouveaux centres de migration fermés. Une annonce publiée par le gouvernement régional a dénoncé "l'action barbare et extrêmement agressive du gouvernement qui a envoyé la police anti-émeute sur les îles de Lesbos et Chios afin d'imposer leur transformation violente en nouvelles prisons, au mépris de la volonté et de la dignité des insulaires". L'annonce a également condamné les "attaques contre les civils sans défense et le blocage des routes". Les autorités locales ont également appelé les habitants à se rassembler sur la place Sappho mardi après-midi et à se diriger vers la zone de Karavas, où le nouveau camp de migration doit être construit. Sur l'île de Chios, les protestations se sont poursuivies mardi après-midi. La police anti-émeute aurait tiré des gaz lacrymogènes contre la masse des habitants. Parallèlement, le maire de Lesbos-Ouest a intenté un procès contre l'État et les dommages environnementaux causés à la région de Diavolorema, près de Karavas-Kavakli, où le nouveau centre de détention sera construit. "Les machines de l'armée ( excavatrices, pelleteuses, camions, etc.) ont nettoyé la forêt de la municipalité des pins, du houx, etc. pour la construction de la nouvelle route menant au nouveau centre de migration", a déclaré le maire dans son appel au procureur.
Lle maire exige l'arrestation immédiate de tous ceux qui sont impliqués dans la "catastrophe écologique", depuis les soldats qui font fonctionner les machines jusqu'aux agents de surveillance et ceux qui ont donné les ordres correspondants.https://youtu.be/vcHLYi4zAJQ Source https://www.keeptalkinggreece.com/2020/02/25/islands-strike-police-violence/

6/2/20 : au centre d'Athènes et partout en Grèce# Résistance# Sécurité sociale# manifestations très massives pour la Sécurité sociale organisées par les Fédérations et syndicats notamment le PAME, accompagné d'un appel à la grève générale le 18/2 tant dans le secteur public que privé pour combattre le scandaleux projet de loi du gouvernement libéral ! Avec les slogans "Ils suppriment la sécurité sociale"- "Sortons dans les rues" "Ils apportent une nouvelle los" - "Guillotine " - "Sécurité sociale pour tous et du travail stable" - "que le patronat paie maintenant", une marche dynamique au centre-ville d'Athènes est actuellement organisée par les Fédérations et Syndicats. contre le projet de loi du gouvernement sur l'avortement sur les assurances, tout en préparant la grève générale du 18 février dans les secteurs public et privé. selon in.gr, le nouveau projet de loi sur la sécurité sociale sera déposé demain au Parlement dans l’objectif d’être voté d’ici le 21 février

30/01/2020 Grèce : quand la crise économique engendre la crise démographique Par Pierre MichaudLa Grèce est un pays en crise et un pays qui vieillit. Deux paramètres forcément liés. Aussi pour encourager les familles à avoir des enfants, le gouvernement à mis en place mardi dernier une prime de naissance de 2 000 euros.

Iro et son mari s'apprêtent à accueillir leur premier bébé, la perspective d'une aide financière de l''état est accueillie avec soulagement par ce jeune couple : "La situation économique difficile de ces dernières années a influencé la décision de nombreux couples de passer à l'étape suivante et de créer une famille. Nous faisons partie de ces couples hésitants. L'aide de l'État est très importante pour un jeune couple, car les dépenses sont importantes, de 5 000 à 10 000 euros".

Les chiffres montrent l'urgence de la relance démographique en Grèce. D'ici 2050, le pays pourrait perdre près de 2 millions de ses habitants, soit une perte d'un tiers de sa population en un peu plus d'un demi-siècle.

La prochaine priorité d'Athènes sera de faciliter l'accès aux infrastructures de petite enfance. Seuls 13% des enfants de 6 mois à deux ans ont accès aux crèches par exemple. Deux fois moins qu'ailleurs en Europe.

11/1/2020 : Une tentative de ré-occupation des immeubles des rues Panaitoliou et Matrozou, à Koukaki, dans le Sud-Est d’Athènes, avait été violemment réprimée par les forces de sécurité. Le résultat a été que 12 personnes ont été arrêtées à l’intérieur des squats, des personnes qui ont été violemment battues par les policiers, ainsi que 9 autres personnes solidaires qui soutenaient la tentative de retour dans les immeubles. La répression s’est poursuivie le lendemain dimanche, lorsque la police ont attaqué les solidaires à l’extérieur d’Evelpidon, arrêtant deux autres personnes. La solidarité se met en place pour les personnes arrêtées, et des premières mobilisations ont eu lieu aux premières audiences: le mercredi 22 pour les arrestations de Panaitoliou, le jeudi 23 pour les arrestations de Matrozou, ainsi que celles en dehors d’Evelpidon, et le vendredi pour les arrestations des solidaires en dehors des squats.

9/1/2020 Revue de presse hellénique - 8 janvier 2019 Visite du PM grec aux Etats-Unis : l’entretien hier à Washington entre le Premier ministre grec, M. Mitsotakis, et le Président américain, M. Trump, re