Grèce : Réparations de guerre allemandes

L’affaire des réparations de guerre allemandes à la Grèce par Isabelle Bourboulon ( Attac France)

Le 10 juin 1944, pendant plus de deux heures, les troupes Waffen-SS firent du porte-à-porte dans le village de Distomo pour massacrer des civils grecs, en représailles contre une attaque partisane. 218 hommes, femme et enfants furent tués dans des conditions épouvantables. Il s’avère par la suite que les troupes allemandes n’avaient pas été attaquées depuis Distomo et que l’officier ayant commandé ce monstrueux massacre avait outrepassé les ordres. En 2000,la Cour suprême grecque a rendu une décision exigeant des réparations de l’Allemagne . La conclusion de tous les experts ayant enquêté sur cette affaire est sans appel :  » La Grèce n’a jamais reçu de compensation, ni pour les prêts qu’elle s’est vu forcée de souscrire pour l’Allemagne, ni pour les dommages subis durant la guerre « . Et portant ce pays est l’un des plus touchés par la Seconde guerre mondiale( on estime à 300 000 le nombre de personnes mortes uniquement de la faim) Le montant des réparations a été fixé à 240 milliards d’euros, soit l’équivalent des deux premiers plans de sauvetage de la Troïka, affectés en priorité au remboursement de la dette grecque. Mais pour être exécutée, cette décision aurait dû être approuvée par un ministre de la Justice, ce que les quinze ministres grecs qui se sont succédé depuis 2000 ont refusé de faire.

Une obligation morale et politique

En tant que responsable de la Justice à Syriza, Zoé Konstantopoulou, ancienne présidente du parlement grec, s’était engagée à ce que le futur ministre de la Justice du gouvernement Tsipras apporte enfin sa signature. Au cours d’un entretien, elle nous raconte :  » Dès que le ministre a été nommé, je suis allée le voir et lui ai dit  » si tu ne fais qu’une chose c’est cela : signer! Il en a pris l’engagement lors de son discours inaugural mais il ne l’a pas fait ». Depuis une plainte a été déposée contre le gouvernement par le Mouvement « Justice pour tous », animé par l’ancienne présidente du parlement.  » Le peuple grec n’a pas oublié et cette affaire de réparations revient régulièrement sur le débat public. Car l’Allemagne est le principal Etat qui exige le remboursement de la dette publique grecque, alors que ses banques ont gagné des milliards d’euros grâce à l’imposition des memoranda ».

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