Thessalonique Des centres d’accueil au bord de l’explosion

Comme le révèle le média local ThessNews, les centres d’accueil de la région de Thessalonique ( Diavata et Lagkadikia) sont au bord de l’explosion car plein à craquer.

Ces derniers temps, un flux continu de réfugiés ont passé la rivière Evros en provenance de Turquie. Il semblerait que Erdogan joue de sa capacité à ouvrir le robinet des flux migratoires pour peser dans ses relations avec l’UE… Ces centaines de migrants et réfugiés ont pour résultat de venir exploser la capacité grecque en matière d’hébergement. Cela a eu pour résultat de créer des tensions inter-ethniques parmi eux avec parfois des affrontements.

Les journalistes du média local ThessNews ont mené une enquête que nous rapportons ici :

Dans le centre de Diavata, les réfugiés dorment à même le sol sur des couvertures…les uns sur les autres et on a érigé plus de 60 tentes dans la cour intérieure de la structure. Ces tentes prévues pour 3, accueillent 5 personnes. Le long de la clôture, où il y a des arbres, vivent plus de 100 réfugiés au cours des dix derniers jours, qui sont venus dans leur majorité de Afrin. Les témoignages sont accablants: « Nous sommes partis il y a un mois d’ Afrin et ces 10 derniers jours, nous sommes arrivés à Thessalonique. Nous avons traversé la frontière par la rivière, l’eau était à la taille. Nous étions trois familles, 13 personnes avec de jeunes enfants. Nous avons payé des trafiquants 1.500 euros chacun. Nous vivons dans les tentes jusqu’à 5 personnes ensemble. C’ est très difficile… » raconte Ntelal du camp de Diavata, tenant dans ses bras un bébé de six mois.

Même situation dans le camp de Lagkadikia où on a monté à la va vite des petites tentes ou des petits préfabriqués. Ce camp initialement devait accueillir 400 personnes. Après les dernières arrivées, les réfugiés, principalement des Kurdes, vivent dans un bâtiment d’environ 50 mètres carrés, à plus de 50-60 personnes tous ensemble, femmes, hommes et enfants. Ils dorment sur le sol sur des couvertures et ceux qui ne rentrent pas, dans des tentes.
« Nous sommes ici depuis 10 jours. Je suis enceinte et la situation est très difficile. Nous dormons sur le sol sur des couvertures et nous n’avons pas encore commencé les procédures d’asile. On ne peut pas rester dans un si petit espace tous ensemble « décrit Nazir.

Ces centaines de réfugiés et de migrants qui traversent la frontière ont récemment triplé et les structures d’accueil sont insuffisantes.
Selon des données récentes, seulement en Avril 2018, plus de 2900 personnes ont franchi l’Evros.

Le porte-parole du ministère Nikos Ragos, a déclaré la semaine dernière à ThessNews qu’on ne va pas créer de nouvelles structures d’hébergement, mais une expansion des capacités dans ceux qui existent déjà.

La région d’Evros est très préoccupée. Le maire de Orestiada, Vassilis Mavridis, fait remarquer que le renforcement des forces de police ne résoudra pas le problème si on ne renforçe pas le département d’asile. « Nous savons que de nombreuses personnes sont arrivées à l’aéroport d’Istanbul, en particulier des pays d’Afrique sub-saharienne. Tous ceux-ci trouveront leur chemin vers la Grèce. Nous ne pouvons pas être un vignoble non clos, en particulier pour les migrants économiques. Le bouclier de l’Èvros est difficile, il est une réalité. Il devrait y avoir un flux normal en fonction des capacités du pays d’accueillir ces gens » , a déclaré le maire à Radio Thessalonique.

Selon le maire, l’Èvros est un passage attrayant pour les réfugiés et les migrants, car le coût est faible par rapport au passage par les îles, et l’Èvros est exclu de l’accord UE-Turquie et des déportations de migrants. Les 120 policiers supplémentaires envoyés ces jours-çi par l’État, ne résolvent pas le problème. Selon le Maire, il faut un vrai service d’asile.

Près d’un million de réfugiés en quatre ans :

A partir de 2014, le pays vit avec le grand problème des réfugiés. Près d’un million de personnes sont passées ces dernières années via l’Evros ou la mer Égée en Grèce. Plus précisément en 2014 sont arrivés dans le pays 41 038 personnes, et cela a plus que quadruplé au cours des deux dernières années, avec 173 450 personnes, c’est tombé à 29,718 en 2017 après l’accord UE-Turquie, alors que les trois premiers mois de l’année on a compté 7.145 arrivées. Au total depuis 2014 jusqu’au premier trimestre de 2018 ont été enregistrés pour avoir pénétré dans le pays, 856 723 réfugiés et immigrants.
En ce qui concerne la nationalité, depuis le début de 2017 jusqu’à aujourd’hui sont venus 14 419 Syriens , 7.281 Irakiens, 4069 Afghans , 1158 Congolais, 939 Algériens, 902 Palestiniens, 802 Iraniens, 530 Pakistanais, 451 Koweitiens et 626 apatrides.

CK

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